LA REVUE
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PRESENTATION

LES SCOUTS… 

Esprit (d'équipe et de service), es-tu là ?

par Pierre-Jean Dubois

Il y a un siècle, Baden Powell inventait le scoutisme...
Scouts, Louveteaux, Jeannettes, Routiers, Rangers et compagnie sont-ils les derniers bastions d'une vie d'équipe en véritable contact avec la nature et les responsabilités de la vie commune ?

Nos meilleurs souvenirs de folles équipées sur les routes, dans les forêts et dans les champs, en plein soleil ou sous la pluie et dans les vents, nous les devons à nos quelques années passées dans les équipes de louveteaux, scouts et autres ensembles du même métal.

C'était toujours joyeux et décontracté : que ce soit pour la popote, le montage des tentes, le ramassage du bois sec, les préparatifs de veillées et autres corvées de tinettes, nous les faisions de bon cœur, tout comme notre B.A (bonne action) quotidienne.

B.A.  et balades ...

C'est peut-être de là que nous tenons cette (louable et secourable) envie de porter aide à notre prochain, que ce soit à cette dame trop chargée de ses cabas, qui monte péniblement les marches de l'escalier, ou à cet aveugle qui n'ose s'engager sur la chaussée trop bruyante pour qu'il s'y repère à l'oreille...  Peut-être étions-nous en cet âge heureux où l'insouciance et la succession rapprochée de nouvelles situations gomment les épreuves et les chagrins : quoi qu'il en soit, le souvenir des jeux de piste, de l'observation de hérissons en chasse, d'une diarrhée intempestive consécutive au chapardage de raisins trop verts mangés à la hâte, d'une descente en radeau, ou de la construction d'un pont en rondins de bois, ou des célèbres "nuits à la belle étoile" nous paraissent être de bonnes et profitables expériences.

dans les vallons et sous les frondaisons

Notre contact avec la nature ne fut peut-être jamais plus étroit et chaleureux qu'en ces temps là : nous "sortions" souvent, et chaque sortie était une fête. Beaucoup de marche à la découverte, quelquefois boussole en main ou en orientation par les étoiles. Pas de jeux de guerre : seulement des situations qui sollicitaient l'ingéniosité, l'endurance, le courage, l'esprit d'équipe et de sacrifice, et ces choses qu'on ne trouve presque que dans les livres de nos jours. C'était l'aventure avec un grand  Ha ! On voyait la Lune et les étoiles à travers les toiles de la tente, on entendait les piaillements, la langue des oiseaux, au crépuscule : nous avons même déjeuné de truites que nous avions attrapées à la main, c'est dire l'exploit. Irremplaçable et décoiffant !

 

Voilà les scouts !

L'encadrement codifié (merci Rudyard Kipling !) et le "costume traditionnel" du scout ou du louveteau - peut-être un peu trop voyant et presque atteint par le ridicule aujourd’hui - ne sont pas plus désagréables que la mode des "fringues" (de vrais uniformes !) Nike, Sergio Tacchini, Adidas, Kookaï, Naf-Naf et consort (contre-publicité (?) gratuite), et la quasi obligation de parler en verlan chez les jeunes de nos jours. La messe obligatoire ne heurta jamais ce tiède croyant que nous étions, alors que les rires qui nous y secouèrent resteront à jamais gravés dans notre mémoire. Notre prêtre était un homme bon, d’une profonde conviction mise en pratique, doublé d'un conducteur émérite : lorsque nous fumes l’économe de la Troupe, nous l'avons vu faire des miracles avec sa "deudeuche" (2 cv Citroën). Notre premier souvenir de louveteaux est émouvant : nous avions quelque sept ans et étions amoureux d'Agnès, ravissante et affectueuse jeune femme de dix-neuf ans...

 

De tout pour...

Nous nous rappelons que les équipes étaient constituées d'enfants de toutes origines et pedigrees : des Dupont, bien sûr, mais aussi des Alvarez, Chaleb, Potet du Loing, Di Costanzo, Devarhubli, etc. Pas de problèmes particuliers : chacun était apprécié pour lui-même et revêtait de toute façon une identité nouvelle, choisie en raison de ses caractéristiques vraies... et typiques. De là "Crocs-blancs", qui oubliait régulièrement de se laver les dents en camp (et probablement à la maison), ou "Hérisson frivole", moniteur mal rasé et distrait par la moindre chose, ou encore - nous en rions toujours - "Riton-la casquette", qui dut véritablement manger sa casquette de toile à la suite d'un (stupide) pari perdu : chez les scouts, on ne plaisante pas avec la parole donnée !

Faire un monde

Au delà des activités vécues grâce aux nombreux projets et sorties, le reste du monde intéressait les louveteaux : comment faire un monde meilleur si l'on n'est pas soi-même meilleur était une des grandes préoccupations de cette époque, et tous s'investissaient dans la réflexion et l'action en proposant - pour soi-même le plus souvent - de petits projets pour se rendre plus fiables et meilleurs. Tous avaient la même idée en tête cependant : comment se rendre (mais modestement) exemplaire... et certains nous furent des modèles estimables. Si l'on nous questionnait aujourd'hui, pour nous faire dire ce que nous pensons de cette expérience de vie passées dans le cadre louveteau et scout, nous répondrions : ce fut simplement profitable et bon.

 

 

 

 

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